Le laxisme budgétaire de la droite

Le ministre du budget a dit s’attendre, dimanche 21 juin, à un déficit public compris entre 7 % et 7,5 % du PIB cette année et probablement en 2010. Didier Migaud, président (PS) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, analyse la situation dans Le Monde daté du 23 juin (p. 11) :

« A lui seul, le déficit budgétaire représentera cette année les deux tiers de nos recettes fiscales nettes. Cette situation extrêmement préoccupante n’est pas seulement liée à la crise. Elle est due, pour une partie non négligeable, à des décisions budgétaires et fiscales qui ne sont pas responsables. Je pense au paquet fiscal [10 milliards en 2009, qui se répéteront année après année], à la baisse de la TVA dans la restauration [3 milliards de coût brut] et à l’absence de financement de la réforme de la taxe professionnelle [8 milliards]. Ces diminutions d’impôts privent l’action publique de recettes, sans que leur efficacité face à la crise soit démontrée. (…) La crise aggrave un déficit qui se creusait déjà avant. (…) Et laisser penser, comme le fait le gouvernement, qu’une fois la crise terminée les choses se rétabliront comme avant, ce n’est pas sérieux. (…) Entre le deuxième trimestre 2007 et la fin 2009, selon la Commission européenne, notre dette publique aura augmenté de 380 milliards, ce qui représente quelque 15 milliards de charge de dette supplémentaire ! Ces dernières années, la droite n’a eu de cesse de baisser les impôts d’une partie très minoritaire de nos concitoyens, les plus aisés. De ce fait, des dizaines de milliards nous font défaut… (…) Entre 2007 et 2008, les dépenses fiscales (allègements d’impôt, réductions, etc.) ont évolué trois fois plus vite que les dépenses budgétaires. Le gouvernement s’assied sur la loi de programmation des finances publiques, votée en janvier, qui a fixé des règles de pilotage des dépenses fiscales et posé le principe de leur compensation et de leur évaluation. (…) Les parlementaires de la majorité font peu de cas de la règle d’or (un budget équilibré en fonctionnement et en investissement) qu’ils prétendaient vouloir respecter. (…) Nous risquons de nous retrouver en 2012 dans une situation pire qu’en 1997 sur le plan des finances et du chômage. Nicolas Sarkozy va jouer la montre pour reporter les décisions douloureuses au lendemain de l’élection présidentielle de 2012. Une purge terrible menacera les Français si la droite gagne les élections. Il sera alors difficile d’échapper à l’augmentation des impôts. En fait, il faudrait commencer par revenir sur les baisses d’impôts et réformer notre système fiscal, de plus en plus opaque, illisible et injuste. La fiscalité est de moins en moins progressive, la redistribution diminue, les inégalités de revenus explosent. Du coup, le consentement à l’impôt recule. C’est à cela aussi qu’il faut s’attaquer. »

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