Point presse de Bruno Le Roux (extraits)

La réforme des institutions
Les débats vont débuter cette semaine à l’Assemblée Nationale. Nous avons affiché une volonté de dialogue, et nous avons participé à de multiples discussions. Mais le gouvernement et la majorité n’ont donné aucun signe de partage dans ce dialogue, aucune avancée sur nos propositions.
A l’exemple de deux d’entres elles, que nous avons élaborée en proposition de loi : sur la réforme du mode de scrutin au Sénat et sur le pluralisme dans l’audiovisuel, qui ont été repoussées sans débat.
Aucun élément non plus sur les autres points que nous avions avancés, à propos du droit de vote des étrangers et de nouveaux droits au Parlement.
Aucun signe donc qui permettrait aux socialistes d’aller au vote, et plus encore, puisque la majorité a choisi de faire des concessions au Nouveau Centre, par le troc d’un amendement sur l’équilibre budgétaire contre un engagement sur le vote proportionnel. Nous pensons qu’il n’est pas bon de jouer avec la Constitution pour régler ses problèmes au sein de sa majorité. Sur cette question, l’on peut se demander ce que signifie cet engagement, pris entre vice et vertu, par une majorité qui est celle qui a le plus creusé les déficits au cours des dernières années. Qui peut croire à un tel engagement, même inscrit dans la Constitution ?
Nous restons pessimistes dans l’engagement du débat par la majorité sur cette révision constitutionnelle. Nous n’allons pas vers une adoption du texte par les socialistes.

Le séminaire du gouvernement
Un séminaire pour rien. Rien pour les Français en tout cas. Aucune mesure pour l’amélioration du pouvoir d’achat. Une loi leurre sur l’économie. Rien face à la flambée des cours du pétrole, rien pour l’aide au transport des Français, rien sur la TVA des produits de première nécessité, rien sur la prime pour l’emploi, ni sur les petites retraites ou la prime de rentrée scolaire. Bref, aucune bonne nouvelle pour les Français, sinon la confirmation de la rigueur.
Education : c’est par une stratégie de tension dans les propos de Xavier Darcos, et de provocation dans les propositions du président de la République, que le gouvernement répond aux enseignants et à la communauté éducative.
Mais c’est le gouvernement qui est responsable de la réduction du temps d’accueil scolaire. C’est sans négociation qu’il a décidé de réduire de 26 à 24 heures par semaine l’emploi du temps dans le primaire. Cela correspond à 72 heures, ou 12 jours (presque 3 semaines) par an, en moins pour les élèves ; au total se sera donc presque une ½ année sur les 5 ans d’école primaire.
Il y a donc un certain cynisme de la part du gouvernement de parler de service minimum de l’éducation.
Les socialistes porteront cette question au Conseil constitutionnel, car le principe de libre administration des collectivités et l’engagement de la responsabilité des communes, ne peuvent être appliqués car c’est à l’employeur d’organiser un service minimum, à l’exemple de la loi sur les transports.

Le congrès du Parti socialiste
L’élection du 1er secrétaire du Parti socialiste est un moment important. C’est la dernière étape d’un congrès. Il n’est donc pas illégitime d’en parler, mais nous devons faire attention que cette question permettent de réussir le congrès dans chacune de ses étapes.
J’appelle donc tous les militants à assurer la réussite de la première étape, celle de la Convention nationale du 14 juin qui doit adopter notre déclaration de principes et les propositions sur la révision des statuts.

Ensuite, notre temps de débat devra s’articuler autour du principe de respect :
– Respect des personnes. Le débat est libre.
– Respect des procédures et du calendrier.
– Respect des militants. Ne les privons pas de débat, car ils n’ont qu’une ambition, que le Parti parle aux Français.
– Respect des Français eux-mêmes, dans la période actuelle où nous devons nous opposer et avancer des propositions économiques et sociales notamment. Ne nous replions pas sur nous-mêmes.

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