Points sur l’actualité

Le dossier des retraites, la consultation du gouvernement

Dans l’état actuel, il est hors de question d’accepter l’allongement à 41 ans des cotisations sociales, tant que des questions essentielles ne sont ni résolues, ni débattues. Depuis 2002, il y a une faible croissance et une faible création d’emplois avec beaucoup d’exonérations fiscales sur les retraites qui ne font qu’aggraver la capacité de financement du système de Sécurité sociale. S’y ajoutent les exonérations sur les heures supplémentaires qui ne fourniront aucune cotisation supplémentaire.

Tant que des négociations et des résultats ne sont pas obtenus sur le travail des seniors et sur leur taux d’activité, un des plus bas d’Europe, tant que la question de la pénibilité ne sera pas envisagée, alors que le différentiel de l’espérance vie s’accroît selon les catégories sociales à presque 10 ans, nous ne pouvons pas accepter l’augmentation de cotisation.

A partir de ce constat, nos propositions sont claires :

  • Pour le travail des seniors, il est nécessaire que se mette en place tout de suite des pénalités contre les entreprises qui ne jouent pas le jeu, pénalités qui pourraient abonder le fonds national des retraites.
  • Quant aux dividendes et aux bénéfices supplémentaires des entreprises publiques aujourd’hui, cela peut être un élément majeur de financement du régime de répartition.
  • Il faut enfin une réelle discussion sur les nouvelles sources de financement de ce système par répartition. Il y a en particulier les stock-options et les parachutes dorés, les cotisations sur la participation et l’intéressement.

La loi de modernisation de l’Economie

Là encore, il y a une sorte d’inflation législative sans qu’il y ait aucune mesure concrète prise par le gouvernement pour le pouvoir d’achat des Français. Il y a 6 mois, rappelons –nous, nous avons eu le même débat avec la loi Chatel qui permettait d’ajuster les marges arrières sur la baisse des prix dans la grande distribution. Quel est le résultat de cette négociation ? Avant de parler de nouvelles mesures, où en sommes-nous de cette nouvelle loi, votée il y a à peine 6 mois ?

Nous sommes favorables à une plus grande transparence dans les négociations entre fournisseurs et grands distributeurs, et nous demandons au gouvernement de nous fournir un point sur le niveau des prix dans les grandes zones de distribution en France, puisqu’il diffère. Cela est complètement inacceptable car totalement injustifié. Nous demandons un point précis que cette question avant d’aller discuter la mise en place d’une nouvelle concurrence, ou de nouvelles implantations de centres de grande distribution.

On amuse les Français en leur faisant croire qu’une nouvelle loi sur la concurrence permettrait de faire baisser les prix à la consommation. Au regard de la relance de l’inflation, on s’aperçoit que la précédente loi n’a eu aucun impact. Nous réitérons donc notre demande de baisser la TVA sur les produits de première nécessité de 5,5 à 5, en négociant avec la grande distribution. Cette question qui est au cœur de l’augmentation des prix, doit faire l’objet d’une négociation entre l’État, la grande distribution et les fournisseurs. Cela fera baisser de façon mécanique les prix. Car il faut savoir que grâce à l’inflation, l’État augmente ses recettes par le biais de la TVA. Il est temps que le gouvernement soit conscient de la situation et prenne des décisions efficaces pour faire baisser les prix.

Le RSA, les allocations et le pouvoir d’achat

On a l’impression d’un grand bricolage et d’un flou complet depuis les déclarations de Nicolas Sarkozy. Entre les positions de Martin Hirsch, celles de François Fillon et de Nicolas Sarkozy, on est dans la cacophonie la plus complète. Nous dénonçons de la façon la plus ferme qui soit le recours au redéploiement de la PPE pour assurer le financement du RSA. Ce sont finalement des smicards qui vont payer le RSA pour les Rmistes, ce qui est inacceptable et révélateur aussi de la méthode du gouvernement. Pour reprendre le sigle employé, c’est vraiment une politique pour « Rompre la Solidarité Active ». On fait payer les smicards pour financer les mesures en faveur des plus pauvres. Pendant ce temps-là, le gouvernement a accordé, contrairement à ce que dit Me Lagarde, 14 milliards d’euros dans le paquet fiscal par exemple pour les plus grosses successions. On rompt ainsi l’équilibre d’une solidarité active qui vise ceux qui en ont le plus à permettre à ceux qui en ont le moins de pouvoir trouver un emploi et de supporter la crise que nous traversons. Nous retrouvons la même politique avec les allocations familiales alors que l’on accorde plus qu’un seul versement à 14 ans plutôt que deux revalorisations à 11 et à 16 ans, ce qui permet à l’État d’économiser 2 à 300 millions d’euros. Mais c’est aussi un manque à gagner de 600 euros/an pour les plus modestes. C’est là encore il s’agit d’une politique qui vise à favoriser ceux qui en ont le plus au détriment de ceux qui en ont le moins.

Nous demandons par ailleurs un gel des prix du gaz. Les hausses successives pèsent lourd sur les budgets des plus modestes et nous ne pouvons accepter que cela continue.

Point presse de Stéphane Le Foll

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