Journée de la femme, par Sandra

Ségolène Royal a célébré mercredi à Dijon la journée de la Femme entourée d’une multitude d’élues du Parti socialiste, du PRG et du MRC, mais aussi de partis de gauche européens. Près de 10 000 personnes se sont réunies dans et devant le Zénith de Dijon pour écouter la première femme à avoir une vraie chance d’accéder à l’Elysée lors du grand meeting intitulé « La longue marche des femmes s’accélère ».

Ségolène Royal a salué les femmes pour cette journée du 8 mars « qui nous relie toutes à l’échelle de la planète ». Elle a déclenché les rires et les applaudissements de la salle en saluant à leur tour les hommes « sans lesquels rien ne serait possible, vous qui en acceptant de voter pour une femme vous affranchissez vous-mêmes des vieux préjugés ».

Elle a aussi déclaré : «  si je suis élue présidente de la République, Olympe de Gouges entrera au Panthéon » et rejoindra Marie Curie. Olympe de Gouges, figure féminine du combat contre l’esclavage, avait écrit dans sa déclaration des droits de la femme de 1791 : « si la femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir le droit de monter à la tribune ». Elle est morte guillotinée en 1793.

Lire l’intégralité du discours : http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_discours&id=1151

Des femmes venues d’horizons différents, appartenant à toutes les générations se sont rassemblées pour soutenir Ségolène Royal. Yvette Roudy, 77 ans, qui a transformé la journée du 8 mars, célébrée par les seules organisations féministes depuis le début du siècle, en journée officielle de la femme en France, côtoyait Najet Belkacem, jeune élue lyonnaise de 29 ans, porte-parole de la candidate socialiste. Plusieurs femmes politiques étrangères avaient aussi fait le déplacement ou envoyé des messages de soutien, comme la présidente du Chili, Michelle Bachelet ou Zitai Gurmai, députée hongroise et présidente de la branche Femmes du Parti socialiste européen (PSE).

C’est que l’enjeu est de taille et les combats à mener nombreux ! Quelques thèmes, en vrac :

Le travail

Les inégalités entre hommes et femmes perdurent dans le travail. D’abord, le taux d’emploi des femmes est inférieur de 13 points à celui des hommes. Le taux d’activité des femmes dépend encore de la présence, du nombre et de l’âge des enfants. La pénurie des modes de garde explique en partie cette situation.

Même lorsqu’elles exercent une activité professionnelle, les femmes travaillent beaucoup plus à temps partiel que les hommes, et il s’agit souvent de temps partiel subi (près d’un million de femmes en sous-emploi souhaiteraient travailler d’avantage).

Et même à temps complet, les femmes forment le gros bataillon de l’emploi peu qualifié, mal payé (30% des femmes occupent des emplois dits non qualifiés ; deux fois plus de femmes que d’hommes sont au SMIC).

Toutes ces différences se conjuguent pour expliquer les écarts de salaires, qui s’élève à 27% si l’on considère l’ensemble des personnes en emploi. Et le montant moyen des retraites des femmes correspond seulement à 44% de celui des hommes (83% des personnes percevant le minimum vieillesse sont des femmes)…

Les propositions de Ségolène Royal pour augmenter les revenus les plus bas permettront donc d’augmenter largement les ressources des femmes (SMIC à 1500 euros, augmentation de 5% des petites retraites, lutte contre le travail précaire par l’encouragement des entreprises à transformer CDD et intérim en CDI). La candidate socialiste propose aussi de créer une sécurité sociale professionnelle qui facilitera notamment le retour à l’emploi pour les femmes ayant cessé de travailer pour élever leurs enfants (accès à une formation qualifiante, aide personnalisée). La création d’un service public de la petite enfance permettra de plus aux femmes de continuer à travailler tout en ayant des enfants.

La parité

On relève dans le domaine politique des signes de progrès indéniables, que pourrait symboliser la rencontre qui a eu lieu mardi dernier à Berlin, entre Angela Merkel et Ségolène Royal. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, une femme est en situation d’être élue à la présidence de la République. Mais le pourcentage de femmes est aujourd’hui de 10,9 % pour les maires, 12,3 % pour les députés, 43,6 % pour les députés européens. Et dans les scrutins uninominaux, les partis politiques – plus à droite qu’à gauche, mais même à gauche –, préfèrent payer des pénalités plutôt que de jouer le jeu de la parité. La France fait figure, par rapport aux autres démocraties européennes, et notamment aux pays nordiques, de lanterne rouge.

Ségolène Royal défend non seulement la parité hommes/femmes au Parlement, mais propose aussi que l’Etat s’engage pour une promotion égale des femmes et des hommes pour les emplois de responsabilité.

La contraception 

On compte aujourd’hui 200 000 avortements par an en France, et ce chiffre reste stable. En matière de contraception, il reste donc beaucoup à faire, notamment en terme d’informations. Mais il ne faut pas non plus oublier que certaines femmes, en situation de précarité totale, ou certaines très jeunes filles, n’ont pas accès à la prévention et que pour elles, l’IVG est le seul recours.

D’où l’importance majeure de la proposition de Ségolène Royal, qui avait en 2000 instauré la distribution gratuite de la pilule du lendemain dans les lycées : la gratuité de la contraception pour les jeunes filles de 16 à 25 ans.

Les violences faites aux femmes

Tous les trois jours, une femme meurt en France des coups de son (ex) compagnon. Ségolène Royal a pris l’engagement fort de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes l’objet de la première loi présentée au Parlement.

Enfin, je voudrais relayer « L’appel des 343 mamans des cités » paru ce soir dans Le Monde daté du 8mars, manifeste des mères de banlieues rédigé à l’initiative du mouvement Ni putes ni soumises :

« Lorsque les émeutes éclatèrent en banlieue, c’est vers nous, mamans des quartiers, que vous vous êtes tournés. C’est à nous, mamans des quartiers, que vous avez demandé de trouver les mots pour panser les maux de nos enfants. C’est à nous, mamans des quartiers, que vous avez demandé de calmer une rage qui, partout, allumait des feux. C’est à nous, mamans des quartiers, que vous avez demandé d’expliquer que la violence ne réglerait jamais les problèmes du chômage, de l’exclusion et du racisme. C’est à nous, mamans des quartiers, que vous avez demandé de faire preuve d’autorité. C’est à nous, mamans des quartiers, que vous avez demandé de garder à la maison nos petits souvent bien plus grands que nous. C’est à nous, mamans des quartiers, que vous avez fait appel pour que cessent, partout dans le monde, ces images d’une France en état de guerre civile.

En ce mois de novembre 2005, vous avez su reconnaître en nous des mamans, quel que soit notre pays d’origine. Vous avez saisi le rôle précieux qu’en tant que telles nous pouvions remplir, et nous avons rempli ce devoir, notre devoir de  » maternité « . Mais avez-vous oublié, mesdames et messieurs les politiques, qu’avant d’être des mères, nous étions des femmes ?

Alors parce que, d’où que nous venions, nous sommes d’abord des femmes, nous, les mamans des quartiers, nous vous demandons aujourd’hui d’être traitées comme toutes les autres citoyennes de la République. Nous vous demandons de mettre un terme aux conventions bilatérales qui préservent les lois d’origine et qui nous exposent aux violences de la polygamie, de la répudiation et du mariage forcé. Nous vous demandons des places en crèche et en garderie pour cesser d’être cantonnées à la sphère privée, et pour en finir avec une situation d’enfermement qui nous rend vulnérables à toutes les violences sexistes. Nous vous demandons de lutter contre l’ethnicisation des métiers qui nous oblige, même lorsque nous sommes hautement diplômées, à accepter des tâches difficiles et à trop souvent subir un harcèlement au travail contre lequel nous ne pouvons rien. Nous vous demandons de développer les transports publics qui nous permettraient de sortir de ces ghettos où les seuls endroits de rencontre sont des cafés réservés aux hommes. Nous vous demandons de faciliter notre accès à la culture comme notre apprentissage de la langue française afin que nous puissions acquérir les outils de notre émancipation.

Parce que nous sommes de véritables actrices d’intégration, nous vous demandons, mesdames et messieurs les politiques, de cesser de nous maintenir en marge de la citoyenneté. Ce n’est que libres et émancipées que nous pourrons remplir pleinement notre rôle de mère, et faire de nos enfants des citoyens. »

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