Lettre aux plus « munis », par Martial

Avertissement :

Ce propos n’est pas destiné à celles et ceux qui ont un « ego » démesuré, ni à toutes les personnes dont la seule ambition est leur propre bien-être. Bien entendu, il ne s’adresse pas non plus aux rares insensibles à la misère des autres, aux malheurs des autres. Il fera fuir aussi ceux pour qui le mot « humain » se limite à une couleur, à une religion, à une langue…

En revanche, il s’adresse à tout ceux qui pensent que tout être humain a droit à une vie décente, à une vie qui permet de rêver à un meilleur avenir, à une vie qui permet de s’épanouir, de grandir.      

Mon propos s’adresse à celles et ceux qui pensent ne pas être de gauche et qui pourtant partagent les mêmes valeurs. Il s’adresse à celles et ceux qui ont une ambition collective, une ambition de communauté, de société. Il s’adresse à celles et ceux qui ont la capacité d’écouter et de voir ce qui n’est plus tolérable au XXIème siècle.

Il s’adresse à celles et ceux qui admettent que vouloir lutter contre la pauvreté, contre l’injustice sociale, n’est pas mettre en péril son propre confort, son propre bien-être.  

Voici des questions auxquelles je vous laisse répondre :

Est-il normal de laisser des gens, femmes et enfants compris, dormir sur les trottoirs alors que des logements restent inoccupés car acquis uniquement dans un but spéculatif ?

Est-il normal qu’un travailleur à plein temps payé au SMIC voit son revenu réduit de moitié par le coût de son logement (loyer, eau, chauffage, électricité). Rappel le SMIC net est à 984,61 €. Prenez un journal immobilier, regardez les vitrines des agences, et réfléchissez au montant des loyers proposés pour un simple studio… Est-ce normal ?

Est-il normal qu’une personne travaillant à mi-temps et touchant la moitié d’un SMIC (moins de 500 € mensuels) soit considérée comme ne faisant plus partie des défavorisés car elle n’est plus chômeuse ?

Est-il normal qu’on demande à un employé, à un ouvrier, de travailler encore plus longtemps parce que les caisses sont soi-disant vides alors que d’autres touchent des sommes disproportionnées (un exemple parmi tant d’autres : Xavier Huillard, le nouveau dirigeant de Vinci, bénéfice du système des stock-options et a donc acheté 70 000 actions au prix préférentiel de 31.17 €, ces mêmes actions ont un cours actuel de 106 €, ce qui représente une plus-value potentielle de 5 millions d’euros, soit 5050 SMIC nets) ?

Est-il normal que des entreprises délocalisent dans des pays sous-développés où elles exploitent la main d’œuvre pour maintenir une progression à 2 chiffres dans le seul et unique but de valoriser les dividendes distribués aux actionnaires ?  

Est-il normal que l’inquiétude de ces mêmes entreprises soit de voir cette main d’oeuvre à bon marché se révolter, demander une part du bénéfice de son travail ? 

J’arrête là ma liste car si vous avez déjà répondu oui à l’une de ces questions, c’est que j’ai dû me tromper d’interlocuteur. Je pensais m’adresser à des êtres humains. Si, même « de droite », vous avez répondu non à ces questions, je suis content, car nous avons des valeurs communes, ce dont je ne doutais pas. Et je me permets même de vous suggérer une autre question :

Pensez-vous vraiment que le programme de monsieur Sarkozy ait pour objectif de faire évoluer cette situation injuste, voire inhumaine ? 

Martial     

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