Réponse de Bernard Touati à M. Beaudouin

En signe de solidarité avec notre camarade et ami Bernard Touati, nous reproduisons ci-dessous la lettre qu’il a remise en fin de semaine à M. Beaudouin, en réponse à un billet paru sur le blog de ce dernier.

Saint-Mandé, le 10 mars 2012

Monsieur le député-maire,

C’est avec une profonde indignation et consternation, mais malheureusement sans surprise, que j’ai pris connaissance de la teneur de vos propos publiés sur votre blog du 2 mars dernier.
Oser prétendre que « des socialistes seraient complices d’indépendantistes basques » est une insulte aux principes de vérité et de réalité. Comme l’a rappelé François Hollande, le Parti socialiste a toujours condamné toute forme de violence ! Vos propos sont d’autant plus graves et scandaleux que par le passé des élus socialistes espagnols ont été assassinés par des commandos d’ETA, mouvement qui, je l’espère, a pu être éradiqué grâce notamment aux politiques menées par des gouvernements socialistes espagnols.
D’autre part, ce qui me parait inacceptable, c’est l’extravagance de vos propos lorsque vous parlez de violences antirépublicaines et d’agressions qui se seraient produites à Bayonne. A ma connaissance il n’y a eu heureusement aucun blessé. Il n’y a pas eu de dégât matériel ni la moindre interpellation. Ainsi concernant le chahut, ou bousculade, termes utilisés par tous les médias locaux et nationaux, survenus à Bayonne, je tiens à vous préciser que se trouvaient sur le même lieu, rue d’Espagne à Bayonne, d’une part des militants socialistes, d’autre part des citoyens mécontents et par ailleurs, quelques indépendantistes basques. Le fait de se trouver sur le même lieu, au même moment n’implique absolument en rien une quelconque adhésion du Parti socialiste aux thèses défendues par ces indépendantistes. Affirmer le contraire confine à une malhonnête intellectuelle. L’espace public appartient à tous et chacun ne peut être responsable que de son propre fait.
Me concernant, je tiens à vous informer ou à vous rappeler que ma femme et moi-même sommes propriétaires d’un logement au Pays basque depuis bientôt 10 ans et qu’auparavant nous nous y rendions déjà très fréquemment puisque la famille de ma femme y a des attaches. Je me rends très souvent et depuis plusieurs dizaines d’années au Pays basque. De fait, je n’étais pas « opportunément » présent à Bayonne le 1er mars dernier, comme vous le prétendez, mais y étais venu tout simplement pour y faire quelques courses comme si souvent. En arrivant, j’ai constaté la présence du président-candidat et ai rejoint tout naturellement des militants socialistes qui distribuaient le programme de François Hollande. J’ai ainsi tout à fait légitimement exprimé mon mécontentement de la politique menée depuis 5 ans.
A ce titre, je tiens à vous rappeler les propos exacts que j’ai tenus lors de l’interview que j’ai pu donner au journaliste de France 2: « Nous, on a le droit de manifester aussi notre mécontentement. Je crois que c’est important que nous, socialistes, on soit présents aujourd’hui à Bayonne. » Dois-je rappeler que nous vivons en démocratie… J’ose espérer que vous m’accordez encore le droit d’exprimer et de manifester mon désaccord politique en des termes au demeurant tout à fait mesurés, que ce soit à Bayonne ou partout en France.
Je n’accepte pas par conséquent d’être assimilé dans votre article à un « complice de terroriste ». Ces propos inacceptables sont diffamatoires à mon égard comme à celui de mon épouse. Quant à une prétendue dissimulation du manque de propositions du candidat socialiste François Hollande, ce sera aux Français d’en décider les 22 avril et 6 mai prochains.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le député-maire, l’expression de ma considération distinguée.

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