Un autre regard sur la campagne…

Bien loin de la représentation que nous imposent les media de la campagne de Ségolène Royal, voici le témoignage de Serge Rais, qui assistait à un déplacement de la candidate dans la Somme. Il nous donne une toute autre image de la campagne, plus proche de la réalité du terrain :

« Ségolène est venue dans la Somme le 15 février, et s’est arrétée à Fressenville, commune du Vimeu de 2300 habitants, terre ouvrière et marquée par de nombreuses luttes sociales. Ce devait être une courte réunion en terre picarde devant quelques militants et sympathisants, avant son meeting de Dunkerque. La rencontre s’est déroulée dans une salle de sport comble. L’entrée de la salle était libre, sans contrôle. Les organisateurs avaient mis 300 sièges. Près de 2000 personnes sont venues ! Que les militants de Dunkerque nous excusent, mais Ségolène est restée plus longtemps que prévu. Oui, il se passe quelque chose, un mouvement, une dynamique que les médias et les hautes sphères parisiennes ne voient pas monter, et c’est tant mieux. Pendant qu’ils se perdent à dénigrer, Ségolène sillonne la France profonde, celle qui souffre du chômage, du manque de logement, des petits salaires, des petites retraites, de la vie chère… Elles sont loin les petites démissions de quelques uns.

Sarkozy est venu fin décembre en baie de Somme. Il y avait plus de CRS que d’admirateurs. Mais cela les médias parisiens n’en parlent pas. Il devrait revenir bientôt. Beaucoup de RG sillonnent les lieux en ce moment. Sarkozy redouterait des manifestations hostiles de certains chasseurs extrémistes qui revendiquent l’allongement de la période de chasse aux oiseaux d’eau.

Ségolène est repartie comme elle est venue, en toute simplicité, sans service d’ordre, sans CRS… mais chut, ne le dites pas, on ne vous croirait pas ! « 

2 commentaires

  1. Malheureusement les médias dont la majorité appartiennent à des sociétés du CAC 40, ne font connaitre que ceux qui va dans leur sens…

    Voir les derniers sondages :
    2 sondages les 9 et 10 février publiés après Villepinte le 11, enrichis de 2 autres le 12 au matin (alors que 90% des seuls socialistes eux-mêmes n’avaient pas encore lu les propositions de Ségolène et n’avaient donc pas encore perçu l’importance du message)… C’est ce que j’appelle de la manipulation intellectuelle et malheureusement la population, à part celles et ceux qui s’efforcent à dépasser la seule information des grands médias (télé,…) se colle à la pensée médiatique entrainant de fait d’autres sondages presque clonés…

    Mais viendra rapidement le moment où tous les français en auront assez d’être manipulés et iront eux-même à la recherche de l’info d’où ces afflux extraordinaires et non prévus dans toutes les réunions publiques organisés par les comités de soutien à Ségolène…

    Martial

  2. J’ai vécu six ans à St-Mandé, aujourd’hui j’habite dans la Somme, justement, depuis quelques mois. Dans le village ou je « reste », comme on dit ici, pas de Monoprix avenue Charles de Gaulle, pas de Fauchon porte de Vincennes mais un peu partout, le long des routes, des « Mutants ». Ce sont des supérettes discounts ou la plaquette de beurre est vendue 50 centimes et le beefsteack moins de 6 euros le kilo. Presque toute la population du canton s’approvisionne chaque samedi dans ces magasins tristes, mais pas chers. Mais les dernières semaines du mois, il y a toujours moins de monde : plus d’argent pour faire les courses.
    Comme partout, les loyers flambent. Je loue une très jolie maison d’environ 200 mètres carrés, avec un immense jardin et une écurie pour 900 euros. Ces prix feront peut-être rêver les St Mandéens, mais il faut savoir que le loyer de cette maison était de 400 euros il y a 4 ans. La fièvre immobilière s’empare aussi des zones rurales. Et ici, impossible de s’expatrier en banlieue ou la campagne, on y est déjà !
    Les services publics n’existent plus : le bureau de poste a fermé il y a 3 ans, pas de transport, pas de permanence médicale de base à moins de 20 kilomètres, pas d’éclairages sur les routes dangereuses, et on ne sait toujours pas si les 24 enfants du village auront encore une école près de chez eux l’année prochaine.
    Le canton a été ravagé par des années de politique libérale : délocalisations massives du textile, démontages nocturnes d’usines par des patrons voyous, comme chez Flodor par exemple, et demain Airbus, à Albert, à quelques kilomètres de chez moi. La politique de la droite, ici, a brisé et brise encore des vies de travailleurs.
    Alors, il y a la solidarité : on s’arrange pour apporter des légumes, des œufs et du lait de la ferme voisine, de la viande ou même du bois aux retraités qui, avec parfois moins de 500 euros par mois n’ont plus de quoi bouffer, et encore moins se faire soigner les dents.

    A St Mandé, bien sûr, nous sommes un peu éloignés de tout ça. Mais je voudrai dire à mes camarades St Mandéens de ne pas oublier l’incroyable espoir presque vital que des millions de gens comme nous ont placé dans notre candidate. Nous savons, dans la Somme, parce-que nous le voyons, tout ce que la droite a détruit, tout ce qu’elle a cassé.

    Ségolène a été acclamée ici, parce qu’elle seule porte aujourd’hui l’espérance crédible de changer la vie.

    Olivier

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