Une mondialisation au bénéfice de la planète : du libre-échange au juste échange ; du libéralisme prédateur au développement solidaire

Second extrait de le convention sur la nouvelle donne internationale et européenne, soumise au vote des militants le 30 septembre.

L’évolution de nos économies l’a montré : ce n’est pas en abaissant au maximum et au plus vite tous les obstacles à la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux que l’humanité connaitra automatiquement la croissance la plus forte, la plus durable et la plus équitable. Le libre-échange intégral, la mondialisation sauvage que nous subissons depuis plusieurs décennies sous l’égide notamment des Etats-Unis, des grands institutions financières internationales et des entreprises multinationales, ont mis à mal nos systèmes économiques et sociaux, en même temps qu’ils fragilisaient les pays les moins préparés, privilégiant un modèle de croissance qui menace aujourd’hui nos écosystèmes. L’Europe a vu sa situation économique reculer par rapport à d’autres continents. Dans les faits, elle est aujourd’hui la dernière région du monde à appliquer avec autant de zèle ces dogmes libéraux dans l’attente d’une réciprocité illusoire. Elle est le continent le plus soumis au libre-échange dans un monde où les autres régions-puissances organisent les échanges en fonction de leurs intérêts. Il nous faut sortir de cette impasse. Les intérêts en jeu sont colossaux et il n’est pas question de dissimuler l’ampleur et les difficultés de la tâche. Avancer sera difficile, prendra du temps et nous devrons nous appuyer sur les ONG, les syndicats, les partis et mouvements progressistes et ceux des gouvernements les plus ouverts à la nouvelle approche indispensable.

2.1 – Promouvoir une nouvelle approche des relations économiques internationales : le « juste échange » dans l’intérêt des peuples et de la planète
Si nous ne croyons pas au libre-échange intégral, nous ne croyons pas non plus à la réponse protectionniste, qui consisterait à dresser autour de notre pays ou de notre continent de hautes et permanentes barrières douanières et des quotas fixes d’importation pour sauver nos industries, nos emplois et nos acquis sociaux. L’internationalisation de nos économies et le basculement progressif du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie et les pays émergents rendraient catastrophiques les conséquences d’un retour du protectionnisme et de la guerre économique des années 1930. Ce modèle ne pourrait qu’aggraver le chômage et la précarité. Il exaspèrerait les crispations nationalistes et les tensions internationales. Nous y sommes donc clairement opposés.
Nous sommes convaincus qu’il y a, entre le libre-échange intégral et le protectionnisme autarcique, place pour une voie efficace que nous voulons installer au coeur de notre projet à moyen terme : celle du « juste échange ». Le juste échange, c’est celui qui intègrera dans les traités commerciaux internationaux des normes non-marchandes, sanitaires, environnementales, sociales et culturelles afin de protéger le consommateur autant que le producteur. Le juste échange ménagera des phases de transition suffisantes, au Nord comme dans les pays du Sud, pour permettre les adaptations nécessaires des systèmes productifs et des emplois induites par l’ouverture à la concurrence et enrayer, dans nos pays, le processus de désindustrialisation. Le juste échange n’hésitera pas à protéger les industries naissantes ou les activités de souveraineté au nom de la préparation de l’avenir ou de la défense d’intérêts stratégiques.
Le juste échange doit pouvoir à la fois garantir le haut niveau de développement des pays de l’Union européenne tout en favorisant le développement des pays du Sud et la sauvegarde de nos équilibres écologiques. Le désir de voir progresser la justice sociale et la soutenabilité environnementale, l’adoption d’un modèle de développement davantage tourné vers le marché intérieur des pays émergents, relève autant de l’éthique que de l’intérêt bien compris des salariés des pays développés. Ce juste échange peut et doit être le moteur privilégié d’un monde dans lequel le droit à la santé, à un environnement préservé, au « travail décent » et à l’identité culturelle compteront autant que ceux du libre commerce. Parce qu’il permet une répartition plus équitable des richesses et qu’il permet à chacun d’assurer son développement, le juste échange doit être un facteur de paix entre les nations. C’est ce choix que nous privilégierons, qu’il s’agisse des normes, de l’aide au développement, de la lutte pour la sécurité alimentaire ou d’une nouvelle politique migratoire.

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