Commerce extérieur : une année noire, symbole d’une compétitivité défaillante

Le solde du commerce extérieur français ne cesse de se dégrader : son déficit atteint 4,3 milliards d’€ en décembre et 39,2 milliards en 2007, soit 11 milliards d’€ de plus qu’en 2006.

L’année 2007 est donc sans conteste « l’annus horribilis » du commerce extérieur français.

Cet échec ne peut être imputé :
• aux cours du pétrole : le commerce extérieur français hors énergie est déficitaire pour la première fois depuis 16 ans. La production d’énergie nucléaire a même permis à la France d’être finalement moins exposée que ses partenaires;
• au cours de l’euro : le déficit de la balance commerciale est majoritairement réalisé au sein de la zone euro. Les exportations vers l’Union européenne stagnent alors que les importations s’envolent.

Le déficit commercial n’est pourtant pas une fatalité : la France avait par exemple dégagé plus de 60 milliards d’euros d’excédents commerciaux entre 1997 et 2002.

Ce déficit est donc dû à une perte de compétitivité de l’économie française, comme en témoigne l’effondrement de ses parts de marchés dans l’ensemble des échanges mondiaux (4% en 2007, contre 5,3% en 1999). D’ailleurs, le ministre du commerce extérieur l’a admis en déclarant que « notre déficit hors énergie révèle le poids d’autres facteurs structurels ».

Cette dégradation atteste de la gravité de la situation économique : si la France n’était pas aujourd’hui protégée par la monnaie unique, un tel déficit l’exposerait à des très graves conséquences de change face aux excédents allemands (200 milliards d’euros en 2007).

Ce résultat signe l’échec incontestable de la politique gouvernementale menée depuis six ans : rien pour l’innovation, rien pour la « recherche & développement », rien pour permettre aux PME de grandir et d’exporter. La France paie aujourd’hui au prix fort l’absence de politique industrielle depuis six ans. Le récent déplacement du président de la République en Moselle n’est pas de nature à rassurer, puisqu’il a de nouveau confondu politique industrielle et gesticulations de campagne.

Pour le Parti socialiste, la restauration de notre balance commerciale passe par la mise en œuvre de mesures permettant de restaurer la compétitivité profonde de nos entreprises, d’inverser le décrochage de l’investissement, de développer l’innovation et la recherche pour modifier notre sectorisation industrielle et géographique.

Communiqué de Michel SAPIN,
Secrétaire national à l’économie et à la fiscalité

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