Réaction du PS au plan « Espoir banlieues »

Le choix d’avoir annoncé le plan Boutin/Amara depuis l’Elysée et non pas sur le terrain résume le malentendu entre Nicolas Sarkozy et la banlieue.

Le Président se trompe de diagnostic.

Pour des raisons électoralistes, il a préféré faire de la violence en banlieue un problème d’ordre public, en parlant de « voyoucratie » ou de « racaille » à nettoyer au Kärcher et les principales mesures ajoutées au plan « Espoir Banlieues » concernent l’annonce de renforts policiers. Il a donc aujourd’hui un problème de crédibilité pour dire qu’il va répondre à la détresse sociale et au sentiment d’abandon des habitants. La politique du gouvernement a d’ailleurs considérablement aggravé leur situation, à travers les ponctions de pouvoir d’achat, l’abandon de la police de proximité, la suppression des emplois-jeunes, la faiblesse historique de constructions de logements sociaux, la fragilisation de l’école ou encore les atteintes à la laïcité. C’est donc toute la politique du gouvernement qu’il faudrait changer avant de décider de mesures spécifiques.

Un plan « Espoir Banlieues » homéopathique.

Composé de mesurettes en direction des jeunes, il ne comporte aucune proposition immédiate pouvant impliquer les grands ministères, comme le Logement ou l’Education nationale, les arbitrages étant renvoyés à plus tard. Ce plan n’est en fait qu’un recyclage de recettes des plans banlieues précédents, parfois supprimées par la droite elle-même, à une échelle expérimentale que l’on espérait dépassée. Son financement est lui-même issu d’un recyclage de crédits (contrats de ville, Grenelle de l’environnement, collectivités locales), alors que le budget du ministère de la ville sera en baisse de 12% en 2008.

Une très forte déception sur le terrain.

Alors que le pays attendant un « plan Marshall » annoncé pendant la campagne, ce mini-plan s’adresse à une petite élite dans quelques quartiers. L’absence de mesures concrètes pour le plus grand nombre conduit à stigmatiser encore plus les 750 quartiers concernés leurs 5 millions d’habitants, voir à laisser penser que la solution n’est plus dans la République et la démocratie. D’une certaine manière, le style clinquant de la présidence et le message « aides-toi le ciel t’aidera » pourra être interprété par certains comme le règne de la loi du plus fort.

Fadela Amara n’a pas gagné son pari.

Elle entendait profiter de sa réelle liberté de parole pour peser sur les choix du gouvernement, infléchir la politique suivie, et s’appuyer sur la volonté du Président. Elle n’a pas fait la preuve de l’utilité de sa présence, et se retrouve aujourd’hui face à ses responsabilités.

La gauche exige la solidarité urbaine.

Les 5 partis du groupe de liaison de la gauche (PS, PCF, Verts, PRG, MRC) demandent la mise en œuvre de 5 priorités de solidarité urbaine :
•    application effective de la loi SRU dans les 750 communes récalcitrantes
•    donner à l’école de la République des moyens d’exception, sans supprimer la carte scolaire
•    lutter contre les discriminations vers l’emploi (emplois de proximité, fin des zones franches)
•    rétablissement d’une police de proximité et nouveaux moyens de médiation et de prévention
•    donner aux communes concernées les moyens de désenclaver et de vrais services publics

Le plan « Espoir Banlieues » de la gauche : gagner les élections !

En attendant que la gauche puisse mettre en œuvre cette nouvelle politique, il faut rendre hommage aux professionnels, aux militants associatifs et aux maires de gauche engagés dans cette ambition de solidarité urbaine. Ils sont le dernier rempart contre la société du ghetto et méritent la confiance des électeurs.

Vincent LENA, Secrétaire national chargé de la Solidarité urbaine

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